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Conférences

"Les chiroptères" par Christian PRAT le 4/09/2020  -  par Jean

Vendredi 4 septembre 2020 : causerie sur "Les Chiroptères"

par Christian PRAT , de l'association Terre et Nature

Chyroptere.JPG

47 personnes, dont 4 enfants sont venues, salle des associations à Maclas, écouter Christian PRAT, naturaliste de l'association "Terre & Nature", spécialiste des chauves-souris (chiroptérologue), nous faire partager son érudition et son expérience de terrain concernant cet animal souvent peu connu et autrefois injustement décrié.

Il faut dire que leur nom peut prêter à confusion : "chauves souris", alors qu'ils ne sont ni chauves, ni souris ! L'étymologie de leur nom provient de ce que les chiroptères volent (suffixe "ptère", comme dans le mot "hélicoptère") avec leurs mains (préfixe "chiro").

Les chiroptères sont des mammifères, dont ils constituent le groupe le plus important : 1200 à 1300 espèces dans le monde, dont 34 espèces représentées en France et 25 dans le Pilat.

Espèces dominantes dans le Pilat :

- le "Grand rhinolophe" et le "Petit rhinolophe",

- les 4 sortes de Pipistrelles,

- les Oreillards ("Oreillards roux", "Oreillards gris"...)

- les Murins : deux grandes familles :

            + les Murins de petite taille (…...)

            + les Murins de grande taille (…...)

- la Barbastelle (physionomie évoquant un bull dog!). Elle était encore inconnue dans le Pilat il y 10 à 12 ans.

Les effectifs de chiroptères ont très fortement chuté depuis la deuxième guerre mondiale, du fait en particulier, de l'usage des pesticides chimiques qui affectent les insectes dont se nourrissent les chauves souris : baisse de 90 % entre 1945 et les années 1980 ! Tous les chiroptères sont cependant des espèces protégées.

 Structurellement, leur anatomie est comparable à celle des humains (thorax, tête, membres supérieurs et inférieurs comportant le même nombre de segments). Seules différences : les pieds des chauves-souris sont à l'envers (permettant à l'animal de se pendre par les pieds) et elles ont une queue.

Les chauve-souris s'accrochent par les pieds, tête en bas, grâce à un système de blocage (osseux) très élaboré qui leur permet, une fois pendues, de ne dépenser aucune énergie pour conserver cette position. En revanche, elles doivent faire un effort pour se décrocher (plier les pattes). Elles n'utilisent ensuite que très peu d'énergie pour s'envoler après s'être décrochées (contrairement aux canards ou aux cygnes, par exemple).

La moindre aspérité sur un mur ou un plafond leur suffit pour s'accrocher : elles peuvent le faire même sur une tapisserie ! Il est vrai que leur poids est très faible : 4 à 6 grammes pour les espèces de petite taille ! Leur espace de repos est extrêmement réduit.

Elles ne mangent que des insectes : ce sont des insectivores. Elles ont des dents qui leur permettent de broyer le squelette des insectes. Les petites chauves souris se nourrissent de moucherons, moustiques ; les grandes chauves souris mangent des gros papillons de nuit.

Il a été prouvé que les chiroptères mangent le tiers de leur poids en une nuit, 60 000 moustiques en trois mois !

« C'est le meilleur insecticide naturel au monde ! »

Leur durée de vie moyenne est de l'ordre de 20 à 30 ans (mais on a retrouvé une chauve souris dont la bague avait été posée 43 ans auparavant !).

Elles émettent des sons, sous très hautes fréquences. Ces sons, qui leur servent aussi à communiquer entre elles, ne sont pas audibles par l'oreille humaine (sauf par les très jeunes enfants pour certains types de cris). Notre spectre auditif est en effet trop restreint pour cela.

Les naturalistes utilisent des détecteurs à ultrasons pour capter les cris émis par les chiroptères. Ces appareils transforment les cris des chauves souris en sons audibles par l'oreille humaine.

Les signaux sonores captés par les oreilles des chauve-souris (système apparenté à un sonar) sont transformés en images dans leur cerveau, ce qui leur permet de se déplacer très rapidement, même en milieu totalement obscur. Chaque espèce de chiroptère émet des sons sur une fréquence qui lui est spécifique, sorte de "signature". Ce système de sonar peut être perturbé par certaines activités humaines.

Les éoliennes sont très préjudiciables aux chiroptères : la dépression importante qui se forme devant les pales des machines a pour conséquence de faire imploser les poumons de ces animaux.

Les chauves-souris hibernent dans des lieux froids de préférence, mais où, cependant, la température ne descend pas en dessous de 0°C sinon leur sang gèle (ce sont des animaux à sang chaud). Elles entrent dans une sorte de coma, c'est une période dangereuse pour elles. Elles choisissent des lieux très exigus : chênes centenaires, cavités, grottes...

Dans les grandes cavités (grottes), les chiroptères hibernent souvent en colonies importantes (10  à 30 individus, voire plus). Au printemps, les chauves souris se réveillent et reprennent une vie normale.

Il est nécessaire de veiller à ne pas déranger les chauves souris pendant leur période d'hibernation.

En effet, l'énergie qu'elle doivent alors consommer pour se réveiller et se rendormir s'impute sur le maigre stock dont elles disposent pour passer l'hiver, et leur survie peut en être mise en cause.

La saison des amours se situe à l'automne, les petits naissant ainsi au printemps, saison la plus propice à leur survie. A noter que, jusqu'à la deuxième guerre mondiale, il en était de même des humains.

La femelle peut s'accoupler avec plusieurs mâles, et inversement aussi. La fécondation est bloquée pendant l'hiver. Au printemps, les femelles cherchent un gîte pour mettre bas.

Chaque femelle donne naissance à un seul petit par an, ce qui est très peu pour la survie de l'espèce, le taux de mortalité hivernale étant de l'ordre de 60 %.

Un système de "nursery" permet aux femelles de s'entraider en se relayant pour aller chercher de la nourriture à l'extérieur, tout en laissant les jeunes sous surveillance.

Les prédateurs principaux des chiroptères sont les rapaces et les chats (bien que les chats ne mangent pas les chauves souris).

Dans nos maisons, les chiroptères gîtent sous les toitures (pipistrelles en particulier), dans les combles, sous les linteaux, dans les caves en été. On les trouve aussi sous les ponts (exemple : à St-Appolinard, où des travaux ont intégré cette contrainte).

Lorsque, en chasse d'insectes eux-mêmes attirés par de la lumière artificielle, une chauve souris vient à s'introduire dans l'espace de vie d'une maison, la méthode consiste, pour l'en déloger, à éteindre la lumière jusqu'à ce que l'animal s'enfuit de lui-même. A noter que les chauves souris sont totalement inoffensives.

Les déjections de chauves souris ne sont pas repoussantes, car constituées en fait de poudre sèche provenant de squelettes des insectes qu'elles ont ingérés. Ces déjections constituent le meilleur des amendements agricoles.

Chaque année, en février, les naturalistes procèdent à des comptages sur les sites d'hivernage qu'ils suivent d'année en année. Dans le Pilat, ce sont en particulier les deux grands tunnels de Burdignes et du Tracol.

Un recensement général des chiroptères a été conduit en 2006, en partenariat avec le Parc naturel régional du Pilat, les données finales ayant été cartographiées.

L'association "Terre & Nature" recherche des bénévoles pour aider à effectuer ces comptages. Des appels sont diffusés chaque hiver pour susciter des vocations. Merci aux personnes qui voudraient se porter volontaires...

Christian Prat a conclu cette séance en nous entraînant à l'extérieur, dans le jardin de la Maison des associations, afin d'observer directement des chauve-souris... malheureusement bien peu nombreuses ce soir.

Un grand merci à notre intervenant pour nous avoir fait découvrir avec passion le monde des chauve-souris, nous donnant envie de mieux les connaître, les protéger et les accueillir dans nos habitations.

*          *          *

Vendredi 4 septembre 2020 : causerie sur "Les Chiroptères"

par Christian PRAT , de l'association Terre et Nature

Chyroptere.JPG

47 personnes, dont 4 enfants sont venues, salle des associations à Maclas, écouter Christian PRAT, naturaliste de l'association "Terre & Nature", spécialiste des chauves-souris (chiroptérologue), nous faire partager son érudition et son expérience de terrain concernant cet animal souvent peu connu et autrefois injustement décrié.

Il faut dire que leur nom peut prêter à confusion : "chauves souris", alors qu'ils ne sont ni chauves, ni souris ! L'étymologie de leur nom provient de ce que les chiroptères volent (suffixe "ptère", comme dans le mot "hélicoptère") avec leurs mains (préfixe "chiro").

Les chiroptères sont des mammifères, dont ils constituent le groupe le plus important : 1200 à 1300 espèces dans le monde, dont 34 espèces représentées en France et 25 dans le Pilat.

Espèces dominantes dans le Pilat :

- le "Grand rhinolophe" et le "Petit rhinolophe",

- les 4 sortes de Pipistrelles,

- les Oreillards ("Oreillards roux", "Oreillards gris"...)

- les Murins : deux grandes familles :

            + les Murins de petite taille (…...)

            + les Murins de grande taille (…...)

- la Barbastelle (physionomie évoquant un bull dog!). Elle était encore inconnue dans le Pilat il y 10 à 12 ans.

Les effectifs de chiroptères ont très fortement chuté depuis la deuxième guerre mondiale, du fait en particulier, de l'usage des pesticides chimiques qui affectent les insectes dont se nourrissent les chauves souris : baisse de 90 % entre 1945 et les années 1980 ! Tous les chiroptères sont cependant des espèces protégées.

 Structurellement, leur anatomie est comparable à celle des humains (thorax, tête, membres supérieurs et inférieurs comportant le même nombre de segments). Seules différences : les pieds des chauves-souris sont à l'envers (permettant à l'animal de se pendre par les pieds) et elles ont une queue.

Les chauve-souris s'accrochent par les pieds, tête en bas, grâce à un système de blocage (osseux) très élaboré qui leur permet, une fois pendues, de ne dépenser aucune énergie pour conserver cette position. En revanche, elles doivent faire un effort pour se décrocher (plier les pattes). Elles n'utilisent ensuite que très peu d'énergie pour s'envoler après s'être décrochées (contrairement aux canards ou aux cygnes, par exemple).

La moindre aspérité sur un mur ou un plafond leur suffit pour s'accrocher : elles peuvent le faire même sur une tapisserie ! Il est vrai que leur poids est très faible : 4 à 6 grammes pour les espèces de petite taille ! Leur espace de repos est extrêmement réduit.

Elles ne mangent que des insectes : ce sont des insectivores. Elles ont des dents qui leur permettent de broyer le squelette des insectes. Les petites chauves souris se nourrissent de moucherons, moustiques ; les grandes chauves souris mangent des gros papillons de nuit.

Il a été prouvé que les chiroptères mangent le tiers de leur poids en une nuit, 60 000 moustiques en trois mois !

« C'est le meilleur insecticide naturel au monde ! »

Leur durée de vie moyenne est de l'ordre de 20 à 30 ans (mais on a retrouvé une chauve souris dont la bague avait été posée 43 ans auparavant !).

Elles émettent des sons, sous très hautes fréquences. Ces sons, qui leur servent aussi à communiquer entre elles, ne sont pas audibles par l'oreille humaine (sauf par les très jeunes enfants pour certains types de cris). Notre spectre auditif est en effet trop restreint pour cela.

Les naturalistes utilisent des détecteurs à ultrasons pour capter les cris émis par les chiroptères. Ces appareils transforment les cris des chauves souris en sons audibles par l'oreille humaine.

Les signaux sonores captés par les oreilles des chauve-souris (système apparenté à un sonar) sont transformés en images dans leur cerveau, ce qui leur permet de se déplacer très rapidement, même en milieu totalement obscur. Chaque espèce de chiroptère émet des sons sur une fréquence qui lui est spécifique, sorte de "signature". Ce système de sonar peut être perturbé par certaines activités humaines.

Les éoliennes sont très préjudiciables aux chiroptères : la dépression importante qui se forme devant les pales des machines a pour conséquence de faire imploser les poumons de ces animaux.

Les chauves-souris hibernent dans des lieux froids de préférence, mais où, cependant, la température ne descend pas en dessous de 0°C sinon leur sang gèle (ce sont des animaux à sang chaud). Elles entrent dans une sorte de coma, c'est une période dangereuse pour elles. Elles choisissent des lieux très exigus : chênes centenaires, cavités, grottes...

Dans les grandes cavités (grottes), les chiroptères hibernent souvent en colonies importantes (10  à 30 individus, voire plus). Au printemps, les chauves souris se réveillent et reprennent une vie normale.

Il est nécessaire de veiller à ne pas déranger les chauves souris pendant leur période d'hibernation.

En effet, l'énergie qu'elle doivent alors consommer pour se réveiller et se rendormir s'impute sur le maigre stock dont elles disposent pour passer l'hiver, et leur survie peut en être mise en cause.

La saison des amours se situe à l'automne, les petits naissant ainsi au printemps, saison la plus propice à leur survie. A noter que, jusqu'à la deuxième guerre mondiale, il en était de même des humains.

La femelle peut s'accoupler avec plusieurs mâles, et inversement aussi. La fécondation est bloquée pendant l'hiver. Au printemps, les femelles cherchent un gîte pour mettre bas.

Chaque femelle donne naissance à un seul petit par an, ce qui est très peu pour la survie de l'espèce, le taux de mortalité hivernale étant de l'ordre de 60 %.

Un système de "nursery" permet aux femelles de s'entraider en se relayant pour aller chercher de la nourriture à l'extérieur, tout en laissant les jeunes sous surveillance.

Les prédateurs principaux des chiroptères sont les rapaces et les chats (bien que les chats ne mangent pas les chauves souris).

Dans nos maisons, les chiroptères gîtent sous les toitures (pipistrelles en particulier), dans les combles, sous les linteaux, dans les caves en été. On les trouve aussi sous les ponts (exemple : à St-Appolinard, où des travaux ont intégré cette contrainte).

Lorsque, en chasse d'insectes eux-mêmes attirés par de la lumière artificielle, une chauve souris vient à s'introduire dans l'espace de vie d'une maison, la méthode consiste, pour l'en déloger, à éteindre la lumière jusqu'à ce que l'animal s'enfuit de lui-même. A noter que les chauves souris sont totalement inoffensives.

Les déjections de chauves souris ne sont pas repoussantes, car constituées en fait de poudre sèche provenant de squelettes des insectes qu'elles ont ingérés. Ces déjections constituent le meilleur des amendements agricoles.

Chaque année, en février, les naturalistes procèdent à des comptages sur les sites d'hivernage qu'ils suivent d'année en année. Dans le Pilat, ce sont en particulier les deux grands tunnels de Burdignes et du Tracol.

Un recensement général des chiroptères a été conduit en 2006, en partenariat avec le Parc naturel régional du Pilat, les données finales ayant été cartographiées.

L'association "Terre & Nature" recherche des bénévoles pour aider à effectuer ces comptages. Des appels sont diffusés chaque hiver pour susciter des vocations. Merci aux personnes qui voudraient se porter volontaires...

Christian Prat a conclu cette séance en nous entraînant à l'extérieur, dans le jardin de la Maison des associations, afin d'observer directement des chauve-souris... malheureusement bien peu nombreuses ce soir.

Un grand merci à notre intervenant pour nous avoir fait découvrir avec passion le monde des chauve-souris, nous donnant envie de mieux les connaître, les protéger et les accueillir dans nos habitations.

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Publié le 19/09/2020 ~ 18:57   Tous les billets   Haut